Journal de Charles Du Bos. L'un des grands monuments diaristiques du premier XXᵉ siècle
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Le Journal de Charles Du Bos, dont le premier volume paraît en 1921, s’impose comme l’un des grands monuments diaristiques du premier XXᵉ siècle : une œuvre à la fois critique, spirituelle et esthétique, située au cœur des débats intellectuels de l’époque.
Le Journal s’ouvre en 1921, dans un moment où la vie littéraire française est dominée par la Nouvelle Revue Française, par les grandes figures du modernisme (Gide, Valéry, Proust), et par une interrogation profonde sur la crise de la culture après la Grande Guerre.
Du Bos y apporte la voix singulière d’un critique moraliste, héritier de Ruskin et de Pater ; d’un esthète européen, nourri de philosophie (Bergson, Simmel), de poésie anglaise, de musique et de peinture ; d’un penseur spirituel, proche de l’abbé Mugnier, qui l’encourage à tenir ce journal comme une discipline intérieure.
Le Journal occupe une place particulière : il n’est ni un journal mondain, ni un carnet d’écrivain au sens strict, mais un laboratoire de pensée, où Du Bos réfléchit à la littérature, à la beauté, à la vie morale, et à la vocation de l’esprit. Dans une époque marquée par les avant-gardes, il représente une contre‑modernité exigeante, tournée vers la profondeur, la tradition européenne, et la quête du Beau.
Nos informations rappellent que Du Bos (1882‑1939) est un critique littéraire majeur, formé à Oxford, Berlin et Florence, lecteur de Bergson, de Keats, de Shelley, de Shakespeare, de Dante, de Nietzsche, de Ruskin et de Pater. Son univers intellectuel est constellé d’amitiés prestigieuses : Proust, Valéry, Claudel, Henry James, Gide, Joyce, Mauriac, Rivière, Curtius.
Traits essentiels : une culture européenne immense, bilingue français‑anglais ; une sensibilité morale et religieuse ; une conception de la littérature comme « pensée accédant à la beauté dans la lumière » ; un tempérament de méditatif, dictant son journal avec une souplesse et une spontanéité remarquées.
Le Journal est conçu comme une chambre d’écho de son âme et de son travail critique. Il est dicté, ce qui lui donne une souplesse et une saveur naturelle remarquées par les critiques contemporains.
Il se caractérise par l’abondance des lectures et des analyses littéraires (Dostoïevski, Tchekhov, Shakespeare, Vauvenargues, Bach, etc.) ; une réflexion sur la beauté, la sainteté, la profondeur de l’esprit français, la musique, la peinture ; une écriture de méditation tranquille, proche de la critique empathique de Pater ; une quête du Beau comme vocation spirituelle.
Les volumes couvrent progressivement les années 1921‑1923, puis 1924‑1925, etc. (édition Corrêa, puis Buchet‑Chastel) .
On ne dispose pas de chiffres précis de tirage ou de ventes. Mais elles permettent d’établir clairement le profil du lectorat. Le Journal est lu par les milieux littéraires de la NRF, les écrivains et critiques majeurs (Gide, Valéry, Mauriac, Claudel, Rivière, Curtius), un public cultivé, proche de la critique d’art, de la philosophie et de la littérature européenne. Du Bos est considéré comme un critique pour critiques, un auteur de haute exigence, apprécié dans les cercles intellectuels les plus raffinés.
Le lectorat est restreint mais très prestigieux. Le Journal n’a jamais été un best‑seller. Son ampleur (des milliers de pages), son exigence, son orientation spirituelle et esthétique en font une œuvre destinée à un public élitaire, mais durable.
Depuis sa publication, le Journal est considéré comme une œuvre majeure de la critique littéraire française ; un texte essentiel pour comprendre la vie intellectuelle de l’entre‑deux‑guerres ; un modèle de critique empathique, héritier de Ruskin et de Pater ; un monument de diaristique intellectuelle, comparable aux Cahiers de Valéry ou aux Carnets de Paul Claudel.
Les rééditions modernes (Buchet‑Chastel, 2003) ont confirmé son importance, en soulignant sa nécessité dans un temps où la littérature cherche à retrouver une vocation haute et une profondeur spirituelle .
Aujourd’hui, Du Bos est lu par les historiens de la critique, par les spécialistes de la NRF, par les chercheurs en esthétique et en spiritualité littéraire, par les lecteurs exigeants de journaux d’écrivains.