Frankestein. Le rôle médical de Polidori dans la genèse de Mary Shelley
27 sept. 2026
Frankenstein et Le Vampire (The Vampyre) ne sont pas nés côte à côte par simple coïncidence : ils partagent le même défi d’écriture, se nourrissent des mêmes discussions nocturnes et redéfinissent ensemble l’imaginaire fantastique moderne en se partageant deux faces opposées du monstre.
Le concours lancé à la Villa Diodati exigeait une histoire de fantômes de chaque participant :
- Byron commence un court texte inachevé — connu sous le nom de Fragment d'une nouvelle (A Fragment) —, racontant le voyage en Orient de deux aristocrates, dont l'un meurt mystérieusement après avoir fait jurer à son compagnon de taire son trépas.
- Polidori, jeune médecin de 20 ans fasciné et rabaissé en permanence par le cynisme de Byron, récupère cette ébauche délaissée. Il en conserve la trame de base mais transforme le personnage principal en prédateur nocturne : Lord Ruthven.
Dans le cercle restreint de la villa, Polidori n'est pas seulement un auteur rival ; il est le seul scientifique du groupe.
- Diplômé de médecine à Édimbourg à seulement 19 ans, il s'est spécialisé dans le somnambulisme et les états limites de la conscience.
- C'est lui qui alimente les débats sur le galvanisme, les fluides vitaux et les tentatives de réanimation qui fascinent Percy et Mary. Les conversations scientifiques précises qui provoquent le « cauchemar éveillé » de Mary lui doivent beaucoup.
Avant l'été 1816, le monstre gothique appartenait aux légendes médiévales, aux châteaux en ruine et au folklore paysan (le vampire des Balkans était un cadavre bouffi et bestial). Mary Shelley et John Polidori inventent simultanément deux figures modernes et urbaines :
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Le sort des deux publications se croise à nouveau dans la confusion :
- Frankenstein paraît anonymement en janvier 1818 et la critique l'attribue à Percy Shelley.
- The Vampyre paraît en avril 1819 dans le New Monthly Magazine… attribué faussement à Lord Byron par l'éditeur pour doper les ventes. Byron dément vivement, et Polidori doit se battre pour faire reconnaître sa paternité littéraire sans jamais toucher les bénéfices du succès européen du livre. Déprimé et criblé de dettes de jeu, Polidori met fin à ses jours au cyanure en août 1821, à 25 ans.