Mémorandum du. jour. Stefan Zweig : lettre à Romain Rolland, 10 juin 1933
25 sept. 2026/image%2F7219821%2F20260925%2Fob_4a642a_image-7219821-20260923-ob-c68f4d-lpeti.jpg)
D’un jour à l’autre, le monde entier peut être en flamme – impossible de prévoir, impossible de prévenir. Seul espoir, pouvoir encore être un peu utile avec son existence, trouve un sens ou un symbole pour toute cette souffrance morale. Dompter la folie en la décrivant. Se recréer soi-même après la destruction des formes anciennes. Je n’ai pas peur. Seulement il y a des heures où le dégoût paralyse l’énergie, où on aime plus assez ce pauvre bétail humain qui, par peur, court, toujours dans la fausse direction, toujours vers le “macellaio” l’éternelle attraction du vertige, créer ces sortes de panique en certaines époques, cette fascination perverse qui fait que les hommes s’empressent de baiser la main qui les presse sous le joug. Stefan Zweig. Lettre à Romain Rolland, Salzbourg, 10 juin 1933. Cosmopolite, p. 171.