Pougy Liane (de) a tenu un véritable journal intime qui porte un nom devenu célèbre : les Cahiers bleus. Ce sont bien des cahiers — des volumes manuscrits tenus de 1919 à 1941 — et non des « carnets » au sens strict. Les éditions modernes reprennent ce titre : Mes cahiers bleus (1919‑1941) ou Cahiers bleus (1924). 

Anne-Marie Chassaigne dite Liane de Pougy est née à La Flèche (Sarthe, France) le 2 juillet 1869 et morte à Lausanne (canton de Vaud, Suisse) le 26 décembre 1950. Épouse d’Armand Pourpe puis, par son second mariage, princesse Ghika, Liane de Pougy fut l’une des figures les plus flamboyantes de la Belle Époque. Danseuse des Folies‑Bergère, courtisane célèbre, rivale de Caroline Otero et de la Belle Otéro, romancière (notamment Idylle saphique, 1901), Princesse Ghika après son mariage avec le prince roumain Georges Ghika, elle finit tertiaire dominicaine à la fin de sa vie. Sa trajectoire est un roman : enfance en couvent, mariage précoce, fuite après un drame conjugal, ascension dans le demi‑monde parisien, vie mondaine, amours féminines (notamment Natalie Barney), puis conversion religieuse.

Liane de Pougy a laissé un journal intime d’une richesse exceptionnelle, les Cahiers bleus, où se mêlent mondanité, sensualité, lucidité, et une lente quête spirituelle. C’est l’un des grands journaux féminins du XXᵉ siècle, à la fois document historique et œuvre littéraire.

Les Cahiers bleus, journal intime au long cours, constituent son véritable journal intime, tenu de 1919 à 1941. Ils ont été publiés en plusieurs volumes, dont : Mes cahiers bleus 1919‑1941 (éd. L’Apprentie, 2021) et Cahiers bleus 1924 (Le Passeur Éditeur, 2024). 

Ce journal se caractérise par une écriture quotidienne ou quasi quotidienne, très spontanée, des portraits du monde artistique et mondain (D’Annunzio, Jean Lorrain, Colette, Reynaldo Hahn, Jean Cocteau, Max Jacob, Natalie Barney…), des regards acérés (elle décrit avec une franchise parfois cruelle ses amis, ses amantes, ses rivales), la chronique d’une vie mondaine (Paris, Roscoff, salons littéraires, voyages), des réflexions intimes sur le vieillissement, la solitude, la foi, l’amour, la jalousie, l'argent. Et la transition spirituelle : on y voit sa lente évolution vers la vie religieuse, jusqu’à son entrée chez les dominicaines en 1943. Carnets ou Cahiers ? La question de terminologie est simple : le titre authentique est Cahiers bleus. Les publications modernes reprennent ce titre. On peut parler de « journal intime », mais pas de “Carnets bleus” : ce n’est pas l’appellation historique.

Les éditeurs contemporains soulignent que ce journal est un monument littéraire comparable aux journaux de Marie Bashkirtseff, Mireille Havet, Paul Léautaud, un témoignage exceptionnel sur la France des années 1920‑1930. En résumé, Liane de Pougy, figure majeure de la Belle Époque, a laissé un journal intime d’une richesse exceptionnelle, les Cahiers bleus, où se mêlent mondanité, sensualité, lucidité, et une lente quête spirituelle. C’est l’un des grands journaux féminins du XXᵉ siècle, à la fois document historique et œuvre littéraire.

 

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