Écrits de Nichiren Daishōnin. Nichiren y raconte ses persécutions, ses doutes, ses visions, ses espoirs pour le pays
06 sept. 2026/image%2F7219821%2F20260906%2Fob_954ec5_image-7030078-20260116-ob-8eb0b6-nichi.jpg)
Nichiren Daishōnin (1222–1282) est l’un des moines les plus singuliers du Japon médiéval : prophète, polémiste, réformateur, fondateur d’un courant bouddhique centré sur le Sūtra du Lotus.
Le XIIIᵉ siècle japonais est un temps de gouvernement militaire (bakufu), de guerres, de famines, et de crainte d’invasions mongoles. Le paysage religieux est foisonnant : Tendai domine encore, héritier de Saichō, Shingon pratique un ésotérisme rituel, Amidisme (Jōdo, Jōdo Shinshū) promet le salut par l’invocation d’Amida. Zen s’implante, soutenu par les élites guerrières. Les écoles rivalisent, les doctrines se mêlent, et beaucoup de moines cherchent une voie plus « pure » vers l’enseignement du Bouddha. C’est dans ce contexte que surgit Nichiren.
Né le 16 février 1222 à Kominato (province d’Awa) et mort le 13 octobre 1282 à Ikegami (Edo) , Nichiren est issu d’une famille modeste de pêcheurs. Il entre très jeune au temple Seichō‑ji, puis étudie intensément dans les grands centres bouddhiques du pays.
Son obsession : retrouver l’enseignement authentique du Bouddha dans la confusion doctrinale de son temps. Après vingt ans d’étude, il conclut que le Sūtra du Lotus est la seule doctrine capable de sauver les êtres et le pays. Il proclame cette découverte en 1253, inaugurant une vie de controverses, d’exils et de persécutions.
Les écrits de Nichiren — lettres, traités doctrinaux, exhortations — sont appelés Gosho. Parmi les plus importants : Risshō Ankoku ron (1260) : traité prophétique annonçant des calamités si le pays ne se tourne pas vers le Lotus, Kaimoku shō (1272) : écrit en exil, réflexion sur la mission du moine et la vérité doctrinale, Kanjin no Honzon shō (1273) : définition du Gohonzon, objet de dévotion, Senji shō (1275) : interprétation des temps mauvais et du rôle du Lotus. Ces textes mêlent doctrine, polémique, exhortation morale et compassion pour les disciples.
Contrairement aux femmes de Heian, les moines de Kamakura ne tiennent pas de journaux intimes au sens littéral. Leur écriture est doctrinale, polémique, épistolaire (lettres aux disciples), parfois autobiographique par fragments.
Les Gosho jouent donc le rôle de « journal spirituel » : Nichiren y raconte ses persécutions, ses doutes, ses visions, ses espoirs pour le pays. Ils constituent une autobiographie dispersée, d’une grande intensité.