Rohan-Chabot, Isabella Charlotte de  (1784-1868). Née Isabella Charlotte FitzGerald le 16 juillet 1784 à Leinster House, Dublin, elle était la quatrième fille de William Robert FitzGerald, 2e duc de Leinster, et d'Emilia Olivia St. George ; son oncle était Lord Edward FitzGerald, la figure des Irlandais unis. Enfance partagée entre Leinster House, Carton House (comté de Kildare) et Frescati House à Blackrock, la famille se réfugiant à Dublin pendant la rébellion de 1798.

En juin 1809, elle épouse Louis-Guillaume de Rohan-Chabot, vicomte de Chabot (1780-1875), fils du comte de Jarnac, officier français émigré à Londres — après un amour contrarié, en 1805 à Cheltenham, pour William Henry Lyttleton, que sa famille désapprouva. Elle meurt en France en 1868, à 83 ans.

Le journal intime, tenu de 1806 à 1825, a été redécouvert en 1984 par un descendant, le comte de Chambrun, au château de La Grange. Il embrasse la jeunesse irlandaise de la diariste — y compris le souvenir de 1798 —, puis sa vie entre France et Angleterre. Le récit s'arrête en 1825, année de la rupture de son mariage, suivie d'un état dépressif — coïncidence de date qui fait du journal, à sa clôture même, un document sur l'effondrement d'une vie conjugale autant que sur une carrière de cour.

Après la Restauration de 1814, son mari devient aide de camp du duc d'Orléans et elle-même dame d'honneur de la duchesse Marie-Amélie de Naples et de Sicile. Elle quitte la France aux Cent-Jours (naissance de son fils Philippe à Carton House), revient après Waterloo, réside au château de Villiers et au Palais-Royal, et devient, à l'avènement de Louis-Philippe, première dame d'honneur de la reine Marie-Amélie. Le journal recouvre donc partiellement ces années : voyage au Portugal en 1811 (mort en mer de leur fils en bas âge, dans une tempête du golfe de Gascogne), naissance d'Olivia en 1813, long séjour irlandais de 1819, traversée de 1821 à bord du yacht royal avec George IV.

Aucune édition publiée du journal n'est signalée par les notices encyclopédiques. La piste matérielle est le fonds Rohan-Chabot-Jarnac de la Fondation Chambrun, au château de La Grange : Isabella FitzGerald y « est représentée par ses propres archives », qui expliquent les provenances anglaises et irlandaises de la bibliothèque. Le fonds — 7,5 mètres linéaires de correspondances privées, écrits intimes, carnets et mémoires — est entièrement classé, accessible à la consultation et en phase préparatoire de numérisation. Sa fille Olivia, mariée à Jules de Lasteyrie, petit-fils de La Fayette, avait fait rapatrier ces archives à La Grange avant sa mort en 1899.

Dans le Dictionary of Irish Biography la notice signée David Murphy, publiée en octobre 2009, titrée « Chabot, Isabella Charlotte de Rohan- (1784–1868), aristocrat and diarist » confirme l'essentiel et apporte plusieurs précisions absentes des encyclopédies.

Sur le journal, la formulation est plus exacte que celle de Wikipédia : le comte de Chambrun découvre en 1984 « a diary which Isabella had begun writing in 1806 and stopped after the departure of her husband in 1825 ». L'arrêt du journal n'est donc pas seulement contemporain de la rupture — il en est la conséquence directe, la clôture coïncidant avec le départ du mari. Murphy ajoute que le texte « provides valuable insights into her early life in Ireland, her experiences of the 1798 rebellion, and her later life in England and France ».

La mère, Emilia Olivia, était fille unique et héritière de St George Usher, Lord St George. Le mari atteignit le grade de “major-general” et servit pendant la guerre d'Espagne. La résidence de cour est précisée : le Palais-Royal et le château de Villiers à Neuilly. Lors de son passage à Dublin en 1812, elle trouve Leinster House « sadly neglected » — notation qui doit venir du journal lui-même. Enfin, son fils Philippe devint ambassadeur de France à Londres et hérita de Thomastown Castle, comté de Tipperary, de sa cousine paternelle Lady Elizabeth Mathew.

La notice ne cite que deux références, et aucun dépôt d'archives : 1) Burke, Peerage (1912), p. 1165 et 2) Renagh Holohan et Jeremy Williams, The Irish châteaux: in search of descendants of the Wild Geese (1989), p. 189 sq.

Tout ce que la lexicographie irlandaise sait du journal vient donc, selon toute vraisemblance, de ce seul livre de 1989 — un ouvrage de vulgarisation sur les descendants des Oies sauvages, écrit cinq ans après la découverte. Il n'existe apparemment ni édition, ni transcription, ni étude savante du manuscrit. Pour un travail sur les écrits du for privé, cela signifie que le journal reste, quarante ans après sa découverte, un inédit : le seul accès réel passe par le fonds Rohan-Chabot-Jarnac de la Fondation Chambrun, classé et consultable.

 

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