Voici une liste de journaux personnels, mémoires et autobiographies célèbres écrits par des prisonniers de droit commun en France, classés par ordre chronologique approximatif de rédaction/publication.

XIXᵉ siècle

 Pierre-François Lacenaire – Mémoires (1836) 

  • Profil : criminel et poète, condamné à mort pour une série de vols et d’assassinats.
  • Œuvre : Mémoires, révélations et poésies de Lacenaire, rédigés entre la fin de son procès (novembre 1835) et son transfert à Bicêtre, la veille de son exécution (9 janvier 1836).
  • Particularité : texte fondateur de la « littérature de criminel » en France ; Lacenaire y construit une figure de « poète-assassin » et fait de la prison une « université criminelle ».

Autres témoignages du XIXᵉ (moins « célèbres » mais repérés dans les bibliographies)

  • Louise Chardon : autobiographie écrite en prison en 1901, publiée et commentée par Philippe Artières sous le titre L’impossible demoiselle (« La vie d’une femme galante, écrite en prison en 1901 »).
  • Divers récits de détenus de droit commun figurent dans les recueils édités par Philippe Artières (voir ci-dessous), mais souvent sous forme de cahiers d’écoliers conservés dans des fonds médicaux plutôt que comme livres « célèbres » à l’époque.

 

XXᵉ siècle

Albertine Sarrazin – L’Astragale (1965) et La Cavale (1965)

  • Profil : jeune femme condamnée à sept ans de prison pour cambriolage, enfermée d’abord en maison de correction puis en prison pour adultes.
  • Œuvres :
    • L’Astragale (1965) : récit autobiographique romancé de son évasion de la prison-école de Doullens (saut du mur, fracture de l’astragale).
    • La Cavale (1965) : autre roman autobiographique centré sur la vie carcérale et les évasions.
    • La Traversière (1966) : troisième texte à forte dimension autobiographique, publié peu avant sa mort.
  • Particularité : première femme à raconter de façon aussi frontalement littéraire sa vie de délinquante, de prostituée et de détenue ; succès national et international.

Jean-Michel Boucheron – Carnets de prison (2001)

  • Profil : détenu de droit commun (affaires de grand banditisme).
  • Œuvre : Carnets de prison, mars 1997–juillet 1998, publiés chez Arléa en 2001.
  • Particularité : forme de journal/carnets tenus en détention, plutôt que mémoire rétrospectif ; souvent cité dans les bibliographies sur l’écriture carcérale de droit commun.

Récits édités par Philippe Artières – Le Livre des vies coupables (2000)

  • Profil : dix autobiographies de criminels (neuf hommes, une femme), toutes écrites en prison entre 1896 et 1909, à la demande du médecin légiste Alexandre Lacassagne.
  • Œuvre : Le Livre des vies coupables. Autobiographies de criminels (1896–1909), Albin Michel, 2000.
  • Particularité : ces textes ne sont pas des « journaux intimes » au sens strict, mais des récits de vie rédigés en détention ; ils constituent un corpus majeur pour l’histoire des écrits de soi de prisonniers de droit commun.

 

Autres témoignages repérés (moins « célèbres » mais pertinents)

  • François-Xavier Acedo Martin – Derrière les barreaux. Un témoignage (2010) : récit d’un détenu de droit commun, publié tardivement.
  • Roger Stéphane – Brèves prisons, 29 mars–21 avril 1955 (1955) : court récit d’incarcération, mais dans un contexte plutôt politique/intellectuel ; à manier avec précaution si vous ne retenez que le « droit commun » strict.
  • Divers titres listés dans les bibliographies de Criminocorpus (thèmes « Souvenirs et témoignages de détenus », « Biographies et témoignages de criminels ») : mémoires, carnets, cahiers, souvent auto-édités ou publiés à petit tirage.

 

Ressources bibliographiques

  • Bibliographie de l’histoire de la justice française (1789–2011) sur Criminocorpus, notamment les sections 
  • « Biographies et témoignages de criminels »
    • « Souvenirs et témoignages de détenus »
  • Philippe Artières, Le Livre des vies coupables. Autobiographies de criminels (1896–1909), Albin Michel, 2000 : édition commentée de dix textes écrits en prison par des détenus de droit commun.
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