Joan Didion à propos de la tenue d'un carnet. « Se souvenir de ce que c'était d'être moi : c'est toujours là l'essentiel. »
02 sept. 2026/image%2F7219821%2F20260901%2Fob_ab4489_501755-80074da7ca16497698c971450755951.png)
« On keeping a notebook » ; cette réflexion majeure de l'écrivaine américaine Joan Didion, tirée de son ouvrage d'essais Slouching towards Bethlehem (1969), vaut tous les textes théoriques sur l’autofiction et les écritures de l’intime qui pleuvent un peu partout depuis quelques années. Par entrelacements, et dans un style direct, presque factuel, propre à Didion, y sont interrogées les raisons qui poussent un diariste à tenir un journal — ou, plus exactement, un carnet de notes.
Dans le carnet de Didion, le « moi » de jadis devient, avec le recul et dans une perspective nouvelle, un « elle ». De nouvelles questions surgissent alors, non seulement liées au caractère faussement aléatoire des motivations initiales qui la poussèrent à écrire, mais aussi plus fondamentalement à l'identité même de la diariste. “Why did I write it down? In order to remember, of course, but exactly what was it I wanted to remember ? (…) Why do I keep a notebook at all?” (Pourquoi l’ai-je écrit ? Pour m’en souvenir, bien sûr, mais qu’est-ce que je voulais retenir exactement ? (…) Pourquoi est-ce que je tiens un carnet, tout court ?)
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