par Odile Hunoult sur En attendant Nadeau. 9 avril 2019 Numéro 77

Emily Dickinson (1830-1886) est « un poète majeur de la poésie américaine » : c’est ainsi qu’on la présente d’ordinaire, sans qu’elle ait de son vivant publié un seul recueil, malgré l’insistance grandissante de quelques correspondants visionnaires.

Sa biographie ne comporte presque rien. Elle naît à Amherst, petite ville à 150 km de Boston, la quitte à 18 ans pour une année de pensionnat, pas plus, l’étude surexcite son esprit, et l’hystérie des femmes inquiète cette société. Après 1860, elle ne sort plus de chez elle, pas même pour enterrer son père. Elle écrit. Des lettres, qu’elle envoie (ou non, du reste), et des poèmes que sa sœur Lavinia recueille après sa mort. Une nièce, des amis, commencent à publier des florilèges : ainsi se constitue un poète majeur. L’œuvre de Dickinson est une sorte de trou noir qui s’agrandit peu à peu. En 1955, l’édition de Thomas H. Johnson présente pour la première fois l’intégralité de l’œuvre, soit 1 755 poèmes. En 1958, Johnson publie la Correspondance, plus de mille lettres conservées ou recopiées, ainsi que quelques fragments et réponses de correspondants. Un énorme travail de reconstitution et de datation, ici traduit par Françoise Delphy, avec introduction, annexes, notes et notes de bas de page comprises. La traductrice y a ajouté une postface ainsi que quelques notes et commentaires, toujours signalés par l’italique.

Voir plus : https://www.en-attendant-nadeau.fr/2019/04/09/laissez-passer-dickinson/

Emily Dickinson, Correspondance complète. Trad. de l’anglais (États-Unis) par Françoise Delphy. Orizons, 1 514  p., 40 €

 

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